Parentalité – motricité libre

Aujourd’hui, je voudrais vous parler de Motricité Libre.

La Motricité Libre part du principe que l’enfant est capable, par lui même, de se développer sur le plan moteur pour finalement accéder à la marche.

Ca paraît bête, mais ça sous entend qu’il n’a pas besoin d’être guidé, incité, entrainé ou qu’on lui enseigne les étapes menant à la marche. Il n’a pas non plus besoin de matériel extérieur pouvant au contraire le parasiter.

L’enfant va bouger, à son rythme, prendre conscience de son corps, le muscler, en restant à la fois acteur de son développement et autonome dans ses découvertes.

ML_Pickler.jpg

Emmi Pikler (pédiatre hongroise 1930) a démontré que le développement moteur de l’enfant s’acquière progressivement, et que les différentes positions nécessaires à ce développement apparaissent dans un ordre chronologique précis lorsqu’on laisse l’enfant se mouvoir librement.

Exit donc les parcs, transats, youpala (illégaux au Québec) et autres sièges de bain. En pratique et dès les premiers mois, l’enfant est placé sans entrave, au sol, sur le dos. Ici, la moquette étant miteuse défraichie, j’ai installé une aire de jeu avec des plaids.

Bien sur, Motricité Libre ne veut pas dire solitude ou abandon. Nous sommes toujours proches de PetiteFille pour l’encourager ou intervenir en cas de difficultés.

En revanche, cela signifie qu’elle ne sera jamais placée dans une position qu’elle ne sait pas prendre seule et dont elle ne sait pas sortir seule.

motricite_libre_assis.jpg

L’exemple le plus courant étant d’asseoir un enfant (un autre, hein, pas ma fille !), calé contre des coussins, avec un tas d’autres coussins partout, au cas où il tombe. Il se retrouve coincé, figé, les jambes à l’équerre, le dos très tendu pour se maintenir, sans pouvoir changer de position en cas d’inconfort, ni pouvoir attraper un jouet de peur de rompre le précaire équilibre qui le tient.

En plus de fatiguer, l’enfant développe deux aspects ennuyeux.

1. Ne pouvant bouger seul, il finira par appeler l’adulte au secours – « sans papa ou maman, je ne suis pas capable »

2. Tant qu’il met de l’énergie à supporter une position imposée, il ne peut la mettre ailleurs et donc ne se développe pas sur d’autres points (motricité fine, langage, …) au rythme qui aurait été le sien.

motricite_libre_sol2.jpg

PetiteFille est systématiquement posée sur le dos. Elle se retourne à l’envie, tente de ramper, attrape ses jouets, vie sa vie… Nous n’intervenons que si elle se retrouve coincée par un jouet ou contre un meuble, ou si elle fatigue trop et ne sait pas encore se remettre sur le dos. Dans le bain, même principe, dans quelques centimètres d’eau, elle est placée sur le dos, l’eau aidant ses mouvements. Elle a d’ailleurs bien vite compris que tourner la tête trop brusquement pouvait être désagréable 😉

motricite_libre_marche.jpg

Bref, inutile pour bien bouger d’avoir des chaussures (« prends des semelles bien rigides, ça lui fera de beaux pieds plats »), d’être placé dans un trotteur (« c’est pour lui muscler les jambes« ) ou d’être soutenu sous les bras ou pire, par les mains, pour apprendre tôt à marcher (« bah sinon, comment veux tu qu’elle sache comment faire? »)

Bon, cela étant, nous ne sommes pas des extrémistes non plus. Nous avons fait une entorse à cette belle méthodologie, concernant la position assise. PetiteFille vient assise sur nos genoux, et depuis peu, sur sa chaise haute. Techniquement, elle ne sait pas encore s’asseoir seule, et ne devrait donc pas y être placée. La DME (Diversification Menée par l’Enfant) ne devrait pas non plus être entamée…

Mais elle est d’estomac et de cordes vocales de chair et de sang, alors on s’adapte… 😉

À propos de Doudou

Monsieur Papa

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *