Parentalité – DME

Cette fois encore, il ne s’agit pas là de juger ou d’asséner une vérité, mais juste une occasion de découvrir ou d’approfondir UNE façon de faire, celle que nous avons choisie et mise en oeuvre avec PetiteFille.

La Diversification Menée par l’Enfant (DME) ou Baby Led Weaning pour les anglophones, est une méthode d’introduction des solides SANS passer par les purées et autres petits pots. Le principe de la DME est relativement simple. Il s’agit pour l’enfant de découvrir l’alimentation solide par ses propres moyens, à son rythme, sans forcer, en respectant son appétit et sa sensation de satiété.

La DME s’adresse à des enfants n’ayant pas encore été diversifiés, et donc n’ayant jamais mangé de purées. Mélanger la DME et la méthode « purées » traditionnelle n’est pas conseillée car la technique de gestion en bouche est différente. Voir plus bas « Mais il ne va pas s’étouffer ? »

Mouais, c’est un truc de Bobo-New Age ça… Notre civilisation occidentale est effectivement habituée depuis plusieurs générations aux purées et petits pots. Mais honnêtement, comment croyez-vous que l’on diversifie les enfants depuis la nuit des temps ? Et dans les contrées moins industrielles que les nôtres ? Les Blédina et autres Neslé nous auraient ils fait oublier que l’on peut faire autrement ?

Voyons comment…

Petit rappel :

L’OMS recommande un allaitement exclusif jusqu’au 6 mois de l’enfant et en doublon avec l’alimentation solide jusqu’à 2 ans minimum…

Que l’on choisisse de diversifier son enfant avec des purées ou avec la méthode DME, le lait (maternel, en poudre, végétal ou de vache selon les sensibilités de chacun) est et reste l’aliment principal de l’enfant jusqu’à un âge avancé.

Règles d’or :

L’enfant peut commencer la DME si :

– Il tient assis seul, sur les genoux du parent ou dans sa chaise haute.

Il doit être capable de se pencher en avant pour faire revenir un morceau passé trop rapidement au fond de la bouche. D’ailleurs, si l’on suit le principe de Motricité Libre, il faudrait attendre que l’enfant sache s’asseoir de lui-même. Bon, on a vu dans l’article « Motricité Libre » que nous avons un peu court-circuité ce point…

– Il est intéressé par la nourriture.

Un enfant de 7, 8 ou 9 mois qui ne porte pas d’intérêt à la nourriture, ne présentera pas de « risques » liés à la non-consommation des solides, puisque le lait reste son alimentation de base.

– L’enfant prend et porte lui-même l’aliment à la bouche.

Il ne risque donc pas de prendre des morceaux trop petits pour être gérer en bouche, ni de perdre ses repères de satiété, puisque non « gavé » par l’adulte.

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Questions classiques :

– Mais il ne va pas s’étouffer ?

Aucune méthode d’apprentissage n’est totalement sans danger. L’adulte doit toujours être présent et attentif. Cela étant, la DME est a priori plus sécuritaire que la méthode des purées traditionnelle.

L’enfant, dès sa naissance, est doté d’un mécanisme de protection, le reflexe émétique ou gag-reflex, qui provoque un haut le cœur, voire des vomissements, si un objet, aliment ou tétine de bib, est introduit trop loin dans sa bouche. Cette zone de réflexe va, avec l’âge, progressivement migrer vers le fond de la gorge. Donc, si bébé prend une trop grosse bouchée, il la recrachera grâce à son reflexe.

Avec les purées, l’enfant apprend à ne pas tenir compte du gag reflex pour avaler « tout rond ». Le jour où on lui proposera des morceaux, il ne sera plus protégé par son reflexe et risquera plus facilement la fausse route…

Afin de parer à toute éventualité, vous trouverez ici la manœuvre de désobstruction des voies respiratoires pour un petit de moins de 1 an.

– Comment dois-je lui présenter ses repas ?

Pour commencer, les morceaux doivent être au moins de la taille du poing de l’enfant, directement sur sa tablette ou dans une assiette fixée (ventouse ou autre), histoire d’éviter qu’elle n’apprenne à voler… A 6 mois, bébé ne sait pas encore lâcher un objet volontairement. La taille des morceaux doit lui permettre de les attraper et de téter, mâchouiller ce qui dépasse.

Les morceaux doivent être suffisamment solides pour être manipulés par des petites mains malhabiles et suffisamment mous pour être écrasés entre la langue, les gencives et le palais.
Plus l’enfant va grandir, plus sa préhension fine se développera, plus les morceaux pourront être petits, plus sa mâchoire se musclera, plus les morceaux pourront être durs. Suivez-le, il vous montrera lorsqu’il sera prêt !

Bébé va prendre lui-même le morceau qui lui convient et l’apporte à sa bouche. Le morceau ne lui convient plus ? Il est trop dur ? Il est trop petit ? Trop compliqué à gérer ? Bébé le recrachera.

Ici, PetiteFille a mâchouillé sa prune et ne recrache que la peau, bien nettoyée 😉

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– Et pour la soupe, je fais comment ?

Mélanger la DME et la méthode des purées n’est pas recommandée dans un premier temps. Mieux vaut laisser à Bébé le temps de bien comprendre comment gérer les morceaux avant de lui proposer d’avaler « rond » les purées ou soupes.

Ensuite, soit vous êtes partant pour repeindre la cuisine et laissez Bébé gérer seul son bol et sa cuillère, soit vous lisez la troisième règle d’or légèrement différemment. L’enfant prend et porte lui-même l’aliment à la bouche. Ici, nous remplissons sa cuillère puis la lui donnons. Elle l’apporte à sa bouche (ou presque), la vide et tape sur son plateau pour réclamer un nouveau remplissage. Selon notre conception, la règle est respectée puisque bébé se sert seul et respecte son rythme.

– Je commence par quel aliment ?

Celui que vous voulez ! Idéalement, un produit de saison…

Certains s’inquiètent d’une possible carence en fer et préféreront commencer par les céréales de bébé du commerce (enrichies en fer), transformées en galette, gâteau, muffin, pain, crêpe…
D’autres préfèreront la logique paléolithique : « mange d’abord ce que tu trouves autour de toi » et commenceront par des fruits et légumes.
D’autres encore donneront en premier uniquement des aliments dit « salés » afin d’éviter trop d’appétence pour le « sucré ».

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– Alors ? Rien n’est interdit ?

Quelques règles de bon sens tout de même :

– Le sel est à proscrire, puisque les reins des tout petits ne sont pas encore capables de le gérer correctement.

– Le sucre, comme pour l’adulte, est à consommer avec beaucoup de modération. Mieux vaut découvrir le goût « naturel » des produits.

– Le gras (le bon, hein, pas celui de la friteuse) est particulièrement intéressant pour l’enfant dont le cerveau et les cellules se développent.

– Le miel ne doit pas être introduit avant 1 an, même cuit en pâtisserie. Il présente un risque de contamination par le botulisme qui pourrait être néfaste au jeune enfant.

– Certains recommandent d’attendre 9 mois pour introduire les produits laitiers de vache, afin d’éviter les intolérances.

– Les aliments « collants », comme la mie de pain, les feuilles de salades ou les fromages à pâte molle, sont plus à risque et doivent être surveillés d’encore plus près.

– Attention aux nitrates

Concrètement, je propose à PetiteFille le même plat que nous. Seulement, je ne sale pas sa portion et « décompose » les plats trop complexes. Si je fais du pâté chinois, elle aura un morceau de pomme de terre, une cuillère de lentilles, un petit épi de maïs, …

– Et les allergies ?

La question des allergènes se pose également lors de la diversification avec purées.

Deux écoles co-existent. Ceux qui pensent que les allergènes doivent être introduits le plus tôt possible et ceux qui pensent l’inverse. Il ne semble pas qu’il y ai de règle figée, définie pas une étude fiable. Cependant, vous trouverez ici les recommandations de Santé Canada.

Dans tout les cas, et surtout si vous êtes vous-même allergique, il vaut mieux user de prudence et surveiller attentivement les réactions de l’enfant. Certains préconisent d’introduire un nouveau produit le midi, pour avoir le temps de repérer une réaction et seulement tous les trois jours afin d’isoler facilement le potentiel coupable.

Franchement, chez nous, c’était plutôt trois nouveaux aliments par jour… ^^

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– Bébé mange à tout les repas ?

Ca dépend de lui, de vous… Au début, PetiteFille voulait surtout être présente avec nous à table et jouer avec les couvert, puis elle a réclamé au repas du soir, puis du midi, et aujourd’hui, elle grignote au moins un peu à tous les repas… A vous de voir en fonction de l’envie de l’enfant.

– Quelle quantité ?

Je sais je me répète : le lait reste sa principale source de nourriture. Il est normal que bébé n’ingère que de toutes petites portions. Certains jours, il n’aura pas faim, d’autres il dévorera. Certains plats lui plaisent, d’autres moins. Comme nous.

De plus, la DME prône l’apprentissage personnel de l’enfant. Le jeu, la découverte des textures, des saveurs, des odeurs, des couleurs, l’entrainement à la préhension fine, le bon usage de sa langue et de ses mâchoires, sont au moins aussi importants pour le développement de l’enfant que l’ingestion proprement dite de l’aliment.

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– Je retrouve des morceaux non digérer dans la couche. Normal ?

Tout à fait ! Le système digestif de bébé n’est pas encore achevé et il ne mâche pas encore très bien. Certains morceaux passeront donc « tout droit ». Plus bébé sera compétent, moins vous en trouverez 😉

Envie de plus d’infos ?

Des commentaires ? Des questions non soulevées ? Des points obscurs ? N’hésitez pas !!

À propos de Doudou

Monsieur Papa

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